

Je voulais écrire ce post depuis quelques jours, critiquer la vision du monde manichéenne de certains Américains, notamment de l’administration Bush, essayer de faire ressentir à quel point la fibre patriotique peut prendre ici des airs de slogans soviétiques pendant la guerre froide, … Sujet assez facile et avec lequel la plupart de mes lecteurs seraient tombés d’accord….
Et puis l’actualité française m’a montré qu’avant de critiquer un autre pays, il vaut mieux regarder le sien d’un peu plus près (ou d’un peu plus loin, peu importe). Parce qu’en France aussi, nous avons une forte pression idéologique sous-jacente, qui n’est pas moins critiquable que celle des US, et qui parvient à convaincre une partie de la population (dont celle particulièrement exposée : les lycéens et étudiants), qu’il existe une ligne claire et franche entre le bien et le mal, au-delà de laquelle se trouvent notamment et dans le désordre, la police (CRS SS, « la police partout, la justice nulle part », …), les médias (TF1, Le figaro, le monde depuis le soutien de Colombani à l’UMP, mais pas les guignols), les patrons, les banques et les assurances, la grande distribution, les grandes entreprises qui osent faire du profit, les compagnies pétrolières (doublement mauvais pour Total), le nucléaire, les OGM, les actionnaires, Johnny Halliday et les expatriés, la mondialisation, les Etats-Unis, les politiques,… Tandis que du côté du bien on trouve bien évidemment José Bové, les altermondialistes, les « jeunes », les éoliennes, les artistes (sauf Doc Gyneco et Johnny), ….
L’ennui lorsque qu’on voit le monde au travers ce prisme déformant, en dehors du fait que l’économie ou la politique internationale sont des concepts qui nous passent complètement au-dessus de la tête (mais ça ce n’est pas important), c’est qu’au même titre que n’importe quel fanatique, on se veut les champions du bien contre le mal, et on en vient à faire de graves contresens historiques.
C’est ainsi que ces derniers jours, j’ai pu lire avec enchantement que des instituteurs de Paris voulaient faire grève pour soutenir une de leur collègue qui avait été placée en garde à vue pour s’être opposée à la police au nom de ses convictions personnelles, mais là encore quand on comprend que ces personnes pensent être du bon côté de la barrière contre l’Etat gestapo-sarkoziste qui ose vouloir arrêter des sans papiers, tout devient plus clair, et certains n’hésitent pas à comparer le contrôle des sans papiers à la rafle des enfants juifs pendant la guerre, bah oui c’est tellement plus simple comme ça, de réduire le problème complexe des flux migratoires à une simple opposition policiers-miliciens contre enseignants-résistants…. Du coup, ce sentiment de détenir la vérité absolue leur fait penser qu’ils doivent être protégés par un statut diplomatico-professoral….
C’est ce même sentiment de résistance face à la police fasciste qui a poussé hier des jeunes à manifester contre l’arrestation Gare du Nord d’un voyageur sans ticket (qui au final s’avère être connu des services de police pour plusieurs vols avec violence), et qui amène à tout casser derrière, (un peu comme lorsque des parents d’élèves étaient outrés que leurs fils soient en garde à vue pour avoir balancé du mobilier universitaire sur des policiers pendant les manifs anti-CPE) et là-dessus certains responsables politiques pensent que la cause de tout ceci est la disparition de la police de proximité.. ah ah ah c’est vrai que tout allait mieux avant quand on organisait des matchs de foot entre jeunes et policiers…
Parce que sérieusement, vu d’un autre pays, ca fait pitié….
2 commentaires:
Tu sais qu'avec ton phrasé et tes arguments, tu pourrais être éditorialiste dans l'Express... En tout cas, j'adhère. ++
Ca m'aurait etonne que tu adheres pas a ca!! En tout cas je suis content parce que les dockers de marseille ont enfin eu ce qu'is voulaient apres avoir paralyse l'approvisionnement du pays en essence en profitant du monopole qu'on a etait assez stupide de leur donner....
Ah la France comme c'est drole
Enregistrer un commentaire